Une rencontre qui va faire couler de l’encre…

Canard Langlais avait l’habitude d’aller chercher son canard dans le kiosque au coin-coin de la rue. Tous les jours, il descendait la palme détendue les marches de son hall, saluait le concierge, Canard Lelisbonnais, avant de s’aventurer sur le pavé parisien.Voila qu’un jour, un nouvel espace détente ouvrit en face du kiosque. Notre ami Langlais se sentant quelque peu stressé se dit qu’il allait profiter de cette ouverture. Il franchit, la palme alerte, le seuil du centre. On lui proposa une matinée détente en sauna, lui fournit une serviette et une clé de casier pour ses affaires.

Arrivé dans le sauna, Canard cancana en sentant l’agréable chaleur pénétrer sous le duvet de plumes. Il allait être bien, là. Il s’allongea palmes croisées sur une des marches de la pièce, sortit son canard et commença la lecture. Après quelques minutes fort reposantes, Canard sortit du sauna. Le type de la réception a parlé d’une piscine, se dit-il. Elle ne peut être loin. Il se mit à déambuler en petite tenue dans le couloir du centre. La lumière était agréablement tamisée. Une porte entrouverte sur la gauche. La piscine devait être ici. Il y avait comme une humidité de l’air qui sortait de cet endroit, et tout le monde sait qu’un canard s’y connait en humidité.

Il poussa la porte. Ses yeux n’étaient pas encore habitués à l’obscurité de la pièce. Il entendit un bruit métallique. Il s’avança et se retrouva soudain bec-à-bec avec un autre canard. Stupeur et tremblements: « aaah! » fit Langlais secoué. Il vit devant lui un canard habillé de cuir et affublé d’un collier et de bracelets métalliques. « Bonjour », fit l’autre canard vraisemblablement réjoui d’avoir de la visite. « Qui, qui, qui… qui êtes-vous ? » demanda Langlais encore sous le choc. « Mon nom est Lenchaîné, Canard Lenchaîné » répondit l’autre avec une voix grave de bolchevique.

Lenchaîné est écrivain, auteur d’une chronique hebdomadaire dans un canard satirique. Il sait manier la plume. Lorsqu’il demanda à Langlais s’il avait déjà touché une plume, ce dernier n’eut pas le temps de répondre qu’il en tenait une grande en aile.

Le rapport de Langlais avec les journaux changea suite à cette rencontre. Et le choix de ses lectures aussi.  « A partir d’aujourd’hui, je ne lirai plus que des grandes plumes. » Promesse de canard. Et tout le monde sait combien un canard est têtu.

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