Un canard avec des bretelles…

Un samedi matin printanier. Canard se leva l’esprit rempli de bonnes intentions. Et si j’allais chercher des croissants à la boulangerie ? Oh, et si j’allais acheter du lait aussi, ce serait agréable, un bon chocolat chaud pour le petit-déjeuner. Le bec encore enfariné, il enfila sa marinière, ajusta ses plumes dans le miroir et claqua la porte.

Arrivé à la caisse du supermarché, notre ami Langlais se rendit compte qu’il n’était pas le seul à avoir de si bonnes intentions le samedi matin ! Une queue d’une demi-douzaine de personnes s’était formée. Pas grave… c’est le week-end. Zen, se dit-il sans doute. Devant lui, un canard habillé avec des bretelles attendait calmement.

Alors que Langlais relisait un SMS de la veille, il eut l’impression d’être observé. Il leva le bec et remarqua que le canard à bretelles le regardait toutes les quelques secondes. Pourquoi donc ?! Au début il n’y prêta pas attention. Puis il se mit à le regarder aussi par moments. Le canard à bretelles paya, quitta le supermarché et eut un regard intense et vif suivi d’un sourire à travers la vitrine du magasin. Mince ! Il fallait qu’il paye à son tour – jamais payer ne lui parut aussi long !

Sorti du supermarché, il se demanda où ce fameux canard avait pu filer. C’est curieux, mais dans le jeu de la drague, souvent la proie tient à se rapprocher du prédateur. En l’occurrence, notre proie avait perdu la trace de son prédateur. Est-ce la magie de l’histoire racontée qui veut cela ? Langlais entra dans la boulangerie à l’angle du boulevard et vit deux personnes devant un canard à bretelles de dos. Il reconnut les plumes brunes en désordre de son prédateur. Comment pouvait-il attirer son attention ? Quel malheur que pareille situation !

Jamais le canard à bretelles ne se retourna. Il prit peut-être une baguette et sortit de la boulangerie – par la sortie. Quelle sottise de créer une entrée et une sortie dans une boulangerie !… Le canard à bretelles regarda en direction du supermarché puis disparut. Là encore, Langlais aurait pu quitter la file, sortir en trombe et rattraper cet inconnu qui lui paraissait déjà si familier. Non. Ce serait trop facile. L’histoire ne mériterait pas d’être racontée.

Notre ami quitta la boulangerie l’air penaud, les croissants en main et un sachet avec une bouteille de lait. Pas de canard avec des bretelles au carrefour. A la maison, il prit son petit-déjeuner vidé de toute l’énergie positive qui l’avait animé quelques instants plus tôt. Soudain, pris d’un élan de folie, il se dit en son for intérieur : ce canard avec des bretelles, je le retrouverai ! Après tout, on est sûrement voisins.

C’est ainsi que commença une quête un peu folle dans l’un des plus agréables quartiers de Paris. Comprenez Canard : il s’était comme entiché de cet inconnu…. pas de quoi lui remonter les bretelles !

Je pourrais te parler de ses yeux, de ses mains
Je pourrais te parler de lui jusqu’à demain
Son amour, c’est ma vie, mais à quoi bon rêver ?
L’illusion de l’amour n’est pas l’amour trouvé

(chanson de Delphine, Demoiselles de Rochefort)

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13 réflexions sur “Un canard avec des bretelles…

  1. Je ne sais rien de lui, et pourtant je le vois
    Son nom m’est familier, et je connais sa voix
    Souvent dans mon sommeil, je croise son visage
    Son regard et l’amour ne font plus qu’une image

    […]

    Je pourrais te parler de ses yeux, de ses mains
    Je pourrais te parler de lui jusqu’à demain
    Son amour, c’est ma vie, mais à quoi bon rêver?
    L’illusion de l’amour n’est pas l’amour trouvé

    […]

    Quatre quatrains, deux bons, deux mauvais. Une fois que tu élagues le mauvais, c’est tellement beau ! Dommage que le génie soit inconstant
    ___________________________________________________

    Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
    J’ai chaud extrême en endurant froidure :
    La vie m’est et trop molle et trop dure.
    J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

    Tout à un coup je ris et je larmoie,
    Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
    Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
    Tout en un coup je sèche et je verdoie.

    Ainsi Amour inconstamment me mène ;
    Et, quand je pense avoir plus de douleur,
    Sans y penser je me trouve hors de peine.

    Puis, quand je crois ma joie être certaine,
    Et être au haut de mon désiré heur,
    Il me remet en mon premier malheur.

    Louise Labbé, Sonnets

    Envie de psalmodier ça à l’oreille de quelqu’un ♥
    Je deviens très fleur bleue, ses derniers temps. …trop…bizarre…j’adore ♥

    ___________________________________________________

    J’avoue ne pas avoir lu tout ton blog : les canards sont t-ils tous gays ou c’est seulement certains canards ? ^^

    En gros ton monde est un monde de canard ou un monde où les gays sont des canards?

    • Merci @Gabi de ton commentaire 🙂
      Dans mon monde canardesque, tous les canards ne sont pas gays et toutes les cannes ne sont pas lesbiennes !… et il n’y a pas que des canards. Un des personnages par exemple est un pigeon… le très célèbre Pigeon Lamoureux 🙂

  2. Zut alors 😉

    Après coup, j’ai commencé à te lire. Des trucs drôles, des trucs que j’ai du mal à comprendre…mais bon : je continuerais de suivre tes aventures canardesques !

    Bisousx

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