Canard à la coque sur quai de Seine

Canard revient de San Francisco la tête remplie d’images, de photos et d’histoires insolites. Plus rien à Paris ne peut le surprendre, pense-t-il alors. Il téléphone dès son retour à Pigeon Lamoureux pour lui conter ses pérégrinations.

– Te rends-tu compte, Pigeon, que les Amercoincoins se saluent dans la rue sans même se connaître ? Un peu comme si je saluais les gens de la voirie, les ouvriers qui viennent réparer les égouts dans ma rue, etc, en m’empressant de leur demander s’ils vont bien.

– Cela me parrrrraît inimaginable ici, parrr Toutatis ! (NDLR: l’auteur voulait ici accentuer le fait que Pigeon est un vrai Gaulois !)

Et notre ami Canard de continuer à raconter comment un asiatique du nom de Canard Aigredouce l’avait abordé suivant la même logique dans un bar de Castro. « A Paris, le regard de tous ces canards d’eau douce sans voix m’exaspère presque. On me zyeute du coin-coin de l’oeil, on ne me parle pas. »

La semaine suivant son retour, Canard s’aventure dans une salle de cinéma pour y voir un ancien film français, Lola, de Jacques Demy. Un film magnifique. Une Anouk Aimée fantastique dans son rôle, avec son jeu de scène exceptionnel, tellement personnel ! Au sortir du cinéma, alors qu’il prend le métro, Canard se rend rapidement compte qu’un jeune canard assis devant lui retient son attention. Quel plumage ! Quel bec ! Quel style ! Notre ami Langlais est décontenancé. Soudain, le canard en face le regarde longtemps, de ses yeux intensément marron. Langlais détourne son regard. Il veut rire. Encore un de ces regards parisiens.

Mais alors que l’autre canard se lève à l’approche de la station, Langlais se lève aussi d’un bond et sort de la rame. « Je dois obtenir son téléphone, je dois le revoir », se dit-il à cet instant. Approche américaine ?

Il n’empêche qu’à peine élancé sur le quai, Canard entend une voix derrière lui l’interpellant. « Ca te dit d’aller prendre un verre… maintenant ? » Canard se retourne: c’est bien lui, et il m’aborde, il me parle avant que je ne puisse faire quoi que ce soit.

C’est ainsi que notre ami Canard se retrouve à discuter avec ce bel et sombre inconnu autour d’une bouteille de vin. Le rêve d’une communication à l’américaine au coeur même de Paris. Vous y croyez, vous ?

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