Deux canards à la Seine – un romantique, un cynique.

« Quel peut bien être le nom de ce bel et sombre canard rencontré dans le métro ? », se demandent les lecteurs du post précédent. Il répond au doux nom de Canard Zeouane. Après deux heures de discussion nocturne, et de drague dissimulée, notre ami Langlais est comme en transe sur cet autre Canard arrivé comme par miracle pour défaire le cours normal des choses.

Il faut dire que Canard Zeouane a tout pour plaire à Canard Langlais. Jeune, séduisant, charmant – NDLR: l’auteur est aussi sous le charme de ce canard – et aussi intelligent, engagé politiquement, socialement, tendrement. Non, nous ne rejouons pas la scène du Mépris – du moins pas encore. Ce brillant canard, Langlais allait bel et bien le revoir.

Après un week-end tranquille, notre ami Langlais retrouve le mardi soir Canard Zeouane. Il l’invite à dîner dans un restaurant non loin de la Seine, à deux pas du Louvre, dans un coin-coin de la ville où chaque becquetée d’oxygène contient plus de culture classique que nul autre lieu dans Paris. Canard Zeouane semble apprécier le repas, la discussion va bon train. Nos deux canards presque amants s’amusent à refaire le monde.

Après le repas, la promenade digestive les conduit vers les quais de la Seine, épicentre du Paris romantique. Le Pont des Arts flotte légèrement au-dessus du fleuve Amour. Les lumières de la ville s’y reflètent amères. Au loin, c’est la Tour Eiffel que l’on voit, au sommet de laquelle le phare diffuse une lumière protectrice dans le ciel parisien. Langlais et Zeouane s’assoient sur le bord du quai, contemplatifs de cette vue unique. Ils restent peut-être bien une demi-heure à discuter, ignorant la transpiration amoureuse d’une telle scène. Soudain, la Tour Eiffel se met à scintiller. Regarde, dit Langlais. Zeouane est admiratif. L’aile de Langlais se lie à celle de Zeouane. Le scintillement s’arrête. Plus que les ailes, ce sont leurs becs qui se croisent.

Ce tableau romantique pourrait clore un film à l’eau de rose: en effet pour Langlais, Zeouane est bien « the one », en tout cas à cet instant précis – carpe diem. Pourquoi faut-il toujours laisser l’avenir s’immiscer dans nos vies ? Il est porteur d’appréhensions et de faux problèmes.

A peine ce tableau immortalisé à jamais dans la mémoire de nos deux petits anatinaes, Canard Zeouane lance à Langlais de manière assez froide: « il faut que tu saches que je ne sais pas m’engager. Je n’arrive pas à concevoir l’engagement. » Langlais est étonné du cynisme que Zeouane n’avait pas laissé entrevoir jusque là. Pourquoi ces mots à cet instant ? L’idée de s’engager avec Zeouane ne lui était pas encore venue à l’esprit. L’engagement n’est-il pas une notion a posteriori, quand on regarde le chemin parcouru avec sa moitié et que l’on se dit: nous avons vécu tout cela ensemble ?

La soirée prend fin sur un chapitre nouveau à explorer. Que cache Canard Zeouane ? Son cynisme est-il une sorte de protection contre le vrai Amour avec un grand A ? A-t-il peur de tomber amoureux ? Que pensez-vous, vous, lecteurs de ce blog mais aussi acteurs de vos vies ?

Publicités

4 réflexions sur “Deux canards à la Seine – un romantique, un cynique.

  1. Peut être se méfie t-il des canards trop collants, du genre de ceux qui vous balancent des « je t’aime » intempestifs ou qui veulent une vie couple après quelques rendez vous seulement. J’étais comme ça, avant.

    • C’est un commentaire honnête et vrai… mais alors, comment ne pas s’emballer ? Comment s’emballer en solo et interpréter le calme de l’autre par autre chose que son désintérêt ?!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s