On écrit à Canard Langlais….

Eh oui ! Le fan club de Canard Langlais existe… Voici une petite histoire écrite par l’un des fans.

«  » » S’il y a bien une situation gênante dans la vie d’un canard, c’est se lever pour la première fois, au petit matin, dans les ailes d’un Autre. Entre deux migrations, il est plus aisé de vivre des corps à corps, des plumes à plumes que des cœur à cœur.

Et ce matin Canard s’éveille dans les plumes du congénère le plus parfait qu’il n’ait jamais connu. Qu’importe qui il est vraiment, nous le nommerons désormais « l’Autre ». Les sentiments de Canard sont partagés, entre l’immense bonheur d’avoir connu la plus belle des nuits, et la terreur de s’entendre dire « adieu ».

On se connait si peu parfois la première fois que l’on apprend à se connaître bibliquement. On se connait si peu et on ne sait rien, rien de ce que l’autre ressent.

C’est un matin de semaine, un matin pressé, un matin urgent. Le travail. Alors nos canards se lèvent, nos canards se lavent. Vite. Ils ne prennent pas le temps de se regarder. Ils n’osent même pas se regarder, de peur de lire dans les yeux de l’autre que ce n’était qu’un vol d’essai. Alors on avale un café, et on sort, habillé comme hier.

Heureux hasard, nos canards prennent le même métro. Aérien bien sûr.  La même ligne, dans le même sens. Les portent s’ouvrent. Ils entrent et s’adossent aux portes centrales du métro, aux portes qui ne s’ouvrent jamais. Ils s’adossent épaule contre épaule. Ils s’adossent au milieu de la foule qui ne sait pas pour la nuit dernière.

Le regard de Canard, terrifié, est figé vers l’avant. Silencieux. Soudain il sent contre son épaule l’effleurement d’une plume égarée. Est-ce un accident ? Canard hésite et à son tour, l’air de rien, tend son aile et exerce une tendre pression sur l’Autre comme pour dire… Et ainsi se passent quelques minutes de trajet suspendues dans une bulle invisible à la foule.

Mais déjà l’Autre doit descendre.  Que faire à ce moment-là ? Un bec-à-bec ? Devant tous ces gens se seraient trop audacieux. Alors canard se résigne à une triste bise convenue et tend sa joue droite. Mais plutôt qu’un échange joue droite joue droite, joue gauche joue gauche tant galvaudé, l’Autre impétueux l’embrasse deux fois sur cette joue tendue. Deux fois comme pour lui dire que cet échange n’est pas comme les autres, que cette nuit n’a pas été comme les autres. Canard se dit que c’est sûrement la plus belle marque d’affection qu’il n’ait jamais reçu.  Il susurre dans l’oreille de l’Autre « on s’appelle. » tout en pâmant son plumage facial d’un involontaire écarlate. L’Autre dodeline de la tête dans un sourire qui réchauffe les âmes puis s’enfonce dans la foule.

Quel tendre moment. Quelle douceur. Et pourtant personne n’y a rien vu. Personne à part peut-être notre ami Canard Langlais qui, plein de sensibilité, a su capter cet instant. «  » »

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