Canard fête 2014… comme il se doit

Notre ami Langlais se souvînt de son réveillon de la Saint-Sylvestre de 2011. Il s’était alors retrouvé propulsé en 1937 par on ne sait quel mécanisme spatiotemporel. La vie vous réserve parfois de sacrées surprises, non ? C’était décidé, ce réveillon, il ferait sobre. Pas de tralala, pas de danse jusqu’au bout de la nuit, pas trop d’alcool pour garder la maîtrise de ses ailes et ne pas piquer du bec.

Le lecteur assidu de ce blog – s’il en existe – peut-il croire une seconde telle décision de Canard ? Non !

Canard se connaîssait-il donc si peu ? Il proposa un réveillon entre amis. Huppe Tigrou, Pigeon Lamoureux, Canard Leplumé, Canard Lemonde, Cane Ulard (son ancienne chef chez Canard+)  et lui-même fêteraient la nouvelle année autour d’une fondue au fromage (moitié gruyère, moitié vacherin) chez lui.

Tigrou arriva le premier, quatre bouteilles de fendant valaisan sous les ailes. Ce vin est complice de la fondue suisse, assura-t-il à son ami Langlais. Si tu y ajoutes de la noix de muscade et ensuite trempes le bout de pain dedans, c’est juste magique. Canard Leplumé arriva avec des baffles, histoire de mettre un peu de musique traditionnelle de Jodler. Pour marquer le coup, il avait dégoté une bouteille de Jägermeister collector dans une boutique tyrolienne du 10e arrondissement de Paris. Pigeon Lamoureux arriva avec des bonbons Ricola et des bouquets d’Edelweiss fraîchement cueillies. Il rentrait tout juste de voyage, d’Interlaken.

Toute la maisonnée passa alors à la cuisine, il fallait commencer la préparation de la fondue: râper le fromage, hacher finement l’ail. Plop ! Huppe Tigrou avait débouché la première bouteille de fendant.

Est-il encore besoin de préciser que l’apéritif du 31 décembre se fait sans foie gras ? Vous conviendrez que manger du foie gras quand on est soi-même canard n’est ni recommandé ni recommandable. Canard avait préparé l’après-midi un carpaccio d’aubergine au parmesan florentin. Une régalade, petite merveille culinaire.

On sonna. Cane Ulard fit son entrée en boa et plumes comme à son habitude. Elle dévoila de son plumage une caisse de champagne et deux bouteilles de vin blanc, de l’Apremont d’un petit viticulteur de ses amis, non loin du Mont Revard. Dans la foulée, Canard Lemonde arriva aussi avec deux belles bûches pour le dessert. Plop ! La troisième bouteille de fendant tressauta sous le coup agile de Tigrou. La fondue était prête, on pouvait passer à table.

Une odeur embaumée d’alcool se dégageait du caquelon. Bientôt toute la pièce se retrouva embuée de vapeurs alcooliques. Notre petit peuple attablé était bien. Il faisait bien chaud.

Au dessert, après quelques shots de Jägermeister, tout le monde était gai et Tigrou proposa une sortie dans un café authentique dans une ruelle isolée du 3e. Il était tout juste minuit. Lorsqu’ils entrèrent dans le lieu, le Gramophone, la foule chantait à tue-tête ce n’est qu’un au revoir… Soirée moderne, qu’ils titraient sur l’affiche à l’entrée ? Pourquoi ces gens étaient-ils habillés de tutus et redingotes ?

5…. 4….. 3…. 2…. un….. les confettis tombèrent du plafond. Les gens s’embrassèrent, une communion de la foule comme on en voyait peu de nos jours conquit notre ami Langlais. Il se laissa aller à la fête et commanda avec ses amis un gin fizz. L’orchestre était fabuleux, jouait des airs de polka.

Plus tard dans la soirée, un homme s’installa au piano et entama un morceau aux allures orientales. Canard reconnut alors la Gnossienne n3 de Satie. C’était magique, joué divinement bien. Le jeune homme fut applaudi par la foule alcoolisée. Canard l’interpella:

– Vous jouez si bien la Gnossienne ! Bravo !
– Pardon ?
– Je vous félicitais pour votre interprétation de la Gnossienne… Quel est votre nom ?
– Je m’appelle Erik. Erik Satie.

Les quelques secondes qui suivirent cet échange parurent très longues à notre ami Langlais. Etait-il dans un rêve ? Pince-moi, dit-il à Pigeon. Et non, il n’était pas dans un rêve.

Quatre heures sonnèrent à l’orchestre. La musique se fit entendre grésillante à l’autre bout de la salle. Là-bas, un gramophone doré splendide lâchait une musique de variété entraînante. Notre petite troupe dansa jusqu’à six heures du matin.

Lorsqu’ils se réveillèrent, ils étaient étendus sur les marches d’un hôtel particulier. Où était donc ce bar, le Gramophone ? Tigrou lui-même n’en avait plus aucune idée.

Nom d’un foie de canard ! La nuit de la Saint-Sylvestre réserve bien des surprises…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s