CBB ou Canard boycotte Babarilla

A la une du Paris Times ce matin: le PDG d’un grand fabriquant de pâtes italien, Babarilla, sort des propos homo- et anatinophobes au micro d’une radio. C’est inacceptable.

Canard Langlais, appelé par son ami Canard Lemonde de l’AFC (Agence France Canards, l’agence de presse de tous les canards de l’Hexagone qui se valent), est mobilisé ! Bien sûr que j’accepte de t’aider, lui dit notre ami Langlais au téléphone en enfilant sa veste en tweed. Une réunion a lieu au QG de l’AFC à midi. Quelles réactions suite à l’annonce ? Dans les journaux, sur les plateaux TV, sur les réseaux sociaux ? On entend partout cancaner et ça fait du bien:

Non ! De tels propos ne passent plus inaperçus, ne sont plus minorés. Welcome to the 21st century, Babarilla.

Canard a une pensée pour tous les LGBTs travaillant pour Babarilla. Don’t feel ashamed ! React ! Basta cosi !

Fin de la réunion au QG. Le message de l’AFC se veut clair et réac’, dans l’air du temps: nous prônons le boycott de Babarilla et invitons également des concurrents comme Lustucuit à ouvrir leur publicité à la diversité !

Encore une victoire de Canard ?

Le temps de l’amour (pour tous)

Et si le 24 mars prochain, on manifestait pour le temps de l’amour pour tous ?

« Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! »

Une manifestation n’apportant que meurtrissures et peines va se dérouler au sein de la ville prochainement. Ne sommes-nous pas, du haut de nos 20 ans, les rois du monde ?

Libérons Paris !

 

 

 

Canard en a dans la cervelle: découvrez l’ePV theory !

Canard Langlais est un canard angoissé dans un Paris aux rues angoissées et biscornues… Non, commencer ainsi l’article met une fois de plus Canard au centre de l’action… Ca ne va pas. Recommençons. Dans ce Paris aux rues tortueuses rougies par le soleil de l’été, les anatinaes se laissent aller à toute sorte de rencontres incertaines et colorées. Là, c’est mieux. L’action peut débuter. Voyez celles de ce célèbre Canard Langlais, un anatinae qui aime se trémousser sur les rythmes endiablés de la capitale française… (Penser à placer ici une photo de la Tour Falafel ou d’une rue animée du Marécage)

Des rencontres, en nombre raisonnable toutefois, que l’on peut compter sur les plumes de ses ailes, Canard en fait.

« As-tu un 06 ? »
« Tu me files ton num ? »
« On échange nos portables ? »
« T’es sur Becbook ? »
« Tu habites dans l’coin-coin ? »

Il existe de multiples façons d’entrer en contact, à des niveaux plus ou moins rapprochés, à des vitesses plus ou moins rapides.

Au final, l’unique façon pour le deuxième, troisième, énième contact reste le téléphone portable ou l’e-mail. Oublions l’e-mail. Totalement has been pour convenir d’un rendez-vous… Autant dire que ça textote dur ici-bas. Vue du ciel, Paris est une e-volière. Canard lui-même écrit bon nombre d’ePV, entendre ici electronic Pigeon Voyageur.

« On s’revoit quand ? »
« On se textote… »
« J’t’envoie un ePV… »
« Tu m’dis par ePige’ ? »

Nous voici au coeur du problème. Si l’ePV est le meilleur moyen de rester en contact, il est aussi le meilleur moyen pour angoisser.

ePV theory, by Canard Langlais (c).

Premier cas: le canard de l’autre côté de l’ePigeon est très keyboard-friendly et surtout à fond. En ce cas, dès qu’il aura réceptionné l’ePigeon, il vous répondra aussitôt. Angoisse: 0-2%. Signification: ciel bleu sans nuages, carpe diem. Profitez !

Au cours du temps, rien ne change: vous en tenez un bon, ne changez rien.

Au cours du temps, le canard ne répond plus ou met du temps à répondre. Cela se complique.

– Il répond dans l’heure: vous avez psychoté pour rien. Tout est toujours au beau fixe. Angoisse: 2-50%.

– Il répond entre une et cinq heures: il y a du souci à se faire. Angoisse 50-80%. Pourquoi ne pouvait-il pas ? Si la réponse contient « j’étais très occupé… », vous pouvez commencer à vous poser des questions. Angoisse 70-90%. Si la réponse est longue et contient une liste d’excuses, de « désolé » en plusieurs langues, etc, vous avez psychoté pour rien. Angoisse: 0%.

– Il ne répond plus: vous êtes tombé sur un connard… et oui, cela peut arriver aussi dans un monde de canards, paronyme oblige ! Angoisse: d’abord 100%, un sacré coup dans le bec il faut dire !… puis 0%.

Deuxième cas: le canard de l’autre côté de l’ePV n’est pas keyboard-friendly, bien qu’il puisse être à fond, peut-être… on ne sait pas trop.  En ce cas, il ne répondra pas dès réception du message. Angoisse: 15-40%. C’est là le problème de ces canards, le taux d’angoisse est plus haut dès le début. Pourtant sa réponse aura la même valeur que celle du canard keyboard-friendly. L’angoisse retombe à 0%.

Au cours du temps, la vitesse de réponse s’accélère: c’est bon signe, foncez le bec ouvert !

Au cours du temps, rien ne change: ce cas reste ambigu par manque d’observations. Bon courage, vous entrez en terrain non couvert par l’ePV theory.

Au cours du temps, la vitesse de réponse se dégrade: c’est mal barré. Le taux d’angoisse dans ce cas se situe entre 70 et 100%. Il vaut mieux couper court afin de limiter le risque psychologique. L’anatinae reste un animal sensible, rappelons-le.

La situation de non-réponse est identique à celle du premier cas identifié.

Fin de l’ePV theory.

Vous l’aurez compris, si l’ePV apporte l’instantanéité dans la communication, rêve absolu de tout anatinae chercheur d’âme complice, il apporte aussi une suite complexe de règles, un jeu douloureux de perceptions, une bonne dose d’angoisse. Alors, que faire ? Couper court à ce mode de communication ? Retourner au bon vieux Pigeon Voyageur du XXe siècle ? La solution est ailleurs.